un ami disparait

un ami disparait

Arnaud Mandement — haute garonne

Nous sommes nombreux au PS à avoir croisé Lionel dans notre vie militante et à l'avoir apprécié.J'ai été elu du Tarn en octobre 1988 et la première fois que j'ai rencontré Lionel c'est à l'occasion de l'inauguration par François Mitterrand du centre national et musée Jean Jaurès,à Castres en novembre de cette année là. Jeune conseiller général j'ai ensuite été son mandataire départemental pour la campagne des présidentielles de 1995. Lors de la finale du championnat de France de Rugby qui opposait le Castres Olympique au Stade Toulousain, le 7 Mai 1995 j'ai eu ce privilège d'être en tribune présidentielle (Paul Quilès m'avait gentiment laissé sa place) . Il y avait ce jour là le président Mitterrand au centre, Jacques Chirac s’était mis du côté des Castrais et Lionel Jospin du côté des Toulousains ! Les deux candidats de part et d'autre du président, image exceptionnelle. C’était un moment rare puisque l’élection avait lieu le lendemain. Mon voisin, prefet de Paris, sans me savoir socialiste me dit à un moment "pour demain c'est bon"...et je lui réponds "pas forcément pour nous" car comme j'étais du côté castrais il me pensait dans le camp de Chirac... Lionel à ce moment là savait ce qu'il allait se passer et je ne lui ai rien appris mais ça la fait sourire . Il avait fait une remarquable campagne et après la débâcle de 1993, il a alors redonné un espoir à toute la gauche qui s'est concrétisé en 1997 ! Lionel est venu à Castres à plusieurs reprise. Pour inaugurer l'avenue François Mitterrand en juillet 1996 puis il est revenu en meeting soutenir notre candidat aux législatives Jacques Esclassan en 1997 et m'a fait l'amitié de venir en visite de Premier Ministre à la mairie de Castres en décembre 2000. A chaque fois c'étaient des rencontres très agréable car il était très simple et extrêmement fidèle en amitié. Il ma reçu plusieurs fois à Cintegabelle dans ce petit bureau à l'étage que d'autres ont bien connu. Rencontres étonnantes au cours desquelles le premier Ministre en toute simplicité, abordait les questions du devenir d'un territoire comme le Sud du Tarn pour lequel il a fait beaucoup avec notamment le développement universitaire, les TIC, les infrastructures. Toujours attentif et prévenant, notant scrupuleusement et surtout donnant suite . Après la défaite de 2002, comme il le faisait avec de nombreux militants nous avons poursuivi des échanges épistolaires et il répondait souvent avec humour. A un petit mot que je lui avais adressé lors du référendum de 2005 lui disant que finalement le mot"mais" était ce qui réunissait les socialistes partisans du oui et du non (j'avais défendu le non en interne) , il m'a répondu par écrit "on ne va pas se fâcher pour un oui ou pour un non" ! belle formule pour un homme de synthèse et d'unité . Il nous manque déjà.